IMG_0951Ah, qu’il est beau notre été indien !

A travers les vitres du bureau ou des salles de cours, on se demande pourquoi les rayons du soleil étaient aux abonnés absents lorsqu’on avait le temps d’en profiter… En attendant, un été avec Proust, (ou plutôt une fin d’été avec Proust pour ma part) a été l’une de mes lectures. Quelques grands noms se sont épanchés sur des notions particulières de la Recherche (l’imaginaire, les arts, les personnages, la mondanité, le temps).

Un été avec Proust est à l’origine une série d’émissions diffusées sur France Inter en 2012. Suite au succès de un été avec Montaigne, le petit livre est paru pour cet été 2014. En guest stars, vous retrouverez tous les badass spécialistes de l’auteur : Antoine Compagnon, Raphaël Enthoven, Michel Erman, Adrien Goetz, Nicolas Grimaldi, Julia Kristeva, Jérôme Prieur et Jean-Yves Tadié. Keskiya ?! 

C’est vrai que j’ai un – énorme – faible pour cet auteur, (mon prénom lui-même est issu de la Recherche et, passionnée de littérature, ce « temps perdu » est une forme de genèse pour moi). Et pourtant, parfois, souvent, rien ne m’agace plus que ceux qui en parlent avec snobisme – cocasse pour une œuvre consacrée en partie à sa critique –

Pour moi, la Recherche est une œuvre à double lecture. Vous avez celle qui est personnelle et sans étude littéraire approfondie, des lecteurs comme vous et moi. Cette lecture fait écho à quelques événements de votre vie, vous souligne des émotions particulières… Vous mets une claque en vous exposant la mécanique du cœur humain.

La seconde se verra plus universitaire, plus technique, plongera dans les entrailles de cette gigaIMG_0938ntesque énigme de mots. Un travail tout aussi passionnant ! Pour l’avoir étudié brièvement à la fac, je vous le confirme. Alors oui, c’est un roman à analyser… Mais pas que ! J’espérai que ce petit livre bleu en ait conscience. C’est donc avec quelques craintes que j’ai parcouru les premières pages, mon alarme « alerte aux bobos littéro ellististo » prête à vociférer…

Rassurez-vous, ce fût une bonne expérience. Ce format de petit livre annuel est très intéressant car il est pédagogique. On entre aisément dans l’univers proustien, qui pour beaucoup reste hostile. J’ai fais le test jusqu’au bout, je l’ai lu au bord de l’eau – la bonne excuse – . Et d’un coup, j’étais sur la plage de Balbec. Cet ouvrage aux vertus pédagogiques est la preuve que l’on peut mieux appréhender cette Recherche, centenaire et mystique.

Ainsi, je vous encourage à vous dorer la pilule et à feuilleter cette petite chose bleue. Les enjeux du roman seront plus explicites et l’espace d’un instant, vous toucherez d’un peu plus près ce monstre de la littérature. Au pire, vous pourrez vous la péter à Noël chez mamie. L’intérêt est surtout de vous faire lire la Recherche et de comprendre que c’est faisable. Même que des fois c’est drôle.

Démocratiser un peu plus l’œuvre Proustienne, sans prétentions, c’est tout le mal que je lui souhaite. 

16 septembre 2014